Quand tu es Belge, quand tu as vécu 25 ans de la ville de Robert, la « petite frite-mayo » fait partie intégrante de ton alimentation. Quand j’ai débarqué de ce côté de l’atlantique, on m’a très rapidement parlé de la chaine de restaurant « Frite Alors! » qui offre de la bière belge et des frites « like home »… L’idée semblait plutôt chouette… Ou pas!
Jusqu’ici, les frites du plat pays ne m’ont pas manqué outre mesure. On a compensé avec la fast-food américaine, la « mal-bouffe » québécoise (qui est un vrai délice) et les hamburgers de la Paryse et de chez Nickels (qui font tous une taille inhumaine).
Mais récemment, j’ai eu droit à mon premier VRAI coup de blues post-départ au Canada (raté, pour la première fois, l’anniversaire du frangin, ça m’a laissé nostalgique du pays). Rien de tel lorsqu’on broie du noir, de se noyer dans la bouffe (et les films de filles, mais chuuut!). Ce soir-là, pas question d’engloutir un pot de Nutella devant le Journal de Bridget Jones, non! On va aller manger une bonne frite « like home » et ensuite, on file à la Cage aux Sports du Centre Bell pour voir les Canadiens mettre une bonne raclée aux Penguins de Pittsburgh. On décide donc de « rentrer au pays » en passant la porte d’un « Frite Alors »!
Le nom a (un tout petit) quelque chose de Belge, mais c’est tout la « belgitude » que vous trouverez à l’intérieur. Je dois admettre (oui, soyons objectif) que les frites n’étaient pas mauvaises, mais ce n’était pas les frites de Flagey. La mayonnaise goûtait la Yogonaise (mais si! Cette abomination conçue pour les mangeurs de frites à la diète). Sans parler de l’Andalouse que Niilah a testé qui n’avait ni la couleur, ni le goût de l’Andalouse. Déception!
Il a encore fallu compenser le manque et la déception (Quoi ? Les excuses sont faites pour s’en servir, non ?). Directement la Cage aux Sports du Centre Bell, 550 places, 70 écrans plats et des ailes de poulet gratuites pour 5 buts du Canadien. La fin de soirée s’annonce plutôt bonne.
Arrivé sur place, l’ambiance est excellente. Les chandails et autres casquettes arborant les couleurs du tricolore montréalais sont de sorties. On n’a pas de réservations, mais la serveuse nous dégote une table très rapidement. On commande une pinte d’Heineken (je pleure en voyant le prix. Non, je ne m’habitue pas à payer 7,50$ pour une pinte de flotte aromatisée). Le match débute, les Canadiens sont « chauds patates ». Ils prennent un but en 21 secondes, mais ils égalisent rapidement. Ensuite, ils prennent l’avantage: 2-1, 3-1. Le match est dans la poche! Que nenni, Sydney Crosby (le futur amoureux de Niilah s’il répond à sa lettre et par la même occasion le meilleur joueur du monde) ramène le score à 3-2 pour les Penguins. La vapeur s’inverse, les Canadiens de Montréal s’inclineront 4-3 aux prolongations!

Des frites pas terribles (qui sont aussi belges que le couscous), des Canadiens qui échouent sur le fil, mais… Une excellente soirée durant laquelle j’ai pu penser à autre chose et surmonter ma baisse de morale.
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